Table des matières

Introduction

L’urbanisation aux Comores constitue un défi majeur pour un archipel caractérisé par une croissance démographique rapide, des ressources limitées et une vulnérabilité climatique importante. Depuis l’indépendance en 1975, les trois îles de l’Union des Comores (Grande Comore, Anjouan et Mohéli) connaissent une transformation urbaine marquée par un étalement horizontal anarchique, une absence de planification cohérente et des infrastructures urbaines déficientes. Cette situation reflète un sous-développement urbain multidimensionnel qui touche l’habitat, les équipements collectifs, la voirie et le foncier.

Face à ces défis, plusieurs initiatives ont été lancées pour repenser l’urbanisation comorienne. En 2020, la Banque mondiale a publié une revue complète de l’urbanisation aux Comores intitulée “Réimaginer l’urbanisation aux Comores”, tandis qu’en 2023, le gouvernement comorien a adopté sa première Politique Nationale de l’Urbanisme et de l’Habitat (PNUH). Ces documents diagnostiquent les problèmes structurels de l’urbanisation comorienne et proposent des voies de réforme. Parallèlement, des études académiques, notamment sur les villes anjouanaises, ont documenté les formes spécifiques que prend le sous-développement urbain dans l’archipel.

L’enjeu est considérable : dans un pays où le secteur agricole concentre 80% des emplois et où l’industrialisation est quasi-inexistante, la qualité de l’urbanisation détermine directement les conditions de vie de la population et les perspectives de développement économique.

Le diagnostic de la Banque mondiale : une urbanisation à réimaginer

Une revue institutionnelle de l’urbanisation

En 2020, la Banque mondiale a conduit une analyse approfondie de l’urbanisation comorienne, publiée sous le titre “Réimaginer l’urbanisation aux Comores” (en français) et “Reimagining Urbanization in Comoros” (en anglais). Cette revue, établie avec la contribution de collaborateurs extérieurs, s’inscrit dans le cadre de l’engagement de l’institution financière internationale auprès de l’Union des Comores. Le document adopte comme devise en shimaoré “Bundo la miji leo ndo maesha bora meso”, soulignant l’importance de l’amélioration des villes pour le bien-être des populations.

Cette étude constitue le premier diagnostic systématique des dynamiques urbaines aux Comores conduit par une institution internationale. Elle analyse les défis spécifiques à l’urbanisation insulaire dans un contexte de petite économie insulaire en développement, marquée par l’isolement géographique et la fragilité environnementale. La Banque mondiale précise toutefois que les observations et interprétations présentées ne reflètent pas nécessairement ses vues officielles ni celles de son Conseil des Administrateurs.

Les axes de réflexion pour repenser l’urbain

La revue de la Banque mondiale s’articule autour de plusieurs composantes stratégiques visant à transformer l’approche de l’urbanisation aux Comores. Ces composantes ont également été reprises lors de la Conférence des Partenaires au Développement des Comores qui s’est tenue à Paris les 2 et 3 décembre 2019, où la question urbaine a été présentée comme prioritaire.

La première composante concerne la planification urbaine, identifiée comme le défi fondamental. L’absence de documents d’urbanisme actualisés, de schémas directeurs cohérents et de mécanismes de contrôle de l’occupation du sol conduit à une croissance urbaine désordonnée. La seconde composante porte sur les infrastructures et la voirie urbaine, dont l’insuffisance limite la mobilité, l’accès aux services et le développement économique. La troisième composante traite de l’habitat, caractérisé par une précarité croissante, un déficit quantitatif important et une qualité constructive souvent médiocre. Enfin, la quatrième composante aborde la question foncière, particulièrement complexe aux Comores où le droit coutumier et le droit moderne se superposent sans articulation claire.

Cette approche multidimensionnelle reconnaît que le sous-développement urbain comorien ne peut être compris ni résolu par des interventions sectorielles isolées, mais nécessite une stratégie intégrée touchant simultanément la gouvernance, les infrastructures et les cadres réglementaires.

Les formes du sous-développement urbain : le cas d’Anjouan

Un terrain d’étude privilégié

L’île d’Anjouan offre un terrain d’observation particulièrement révélateur des formes que prend le sous-développement urbain aux Comores. En 2006-2007, le chercheur Abdallah Farz a consacré un projet de thèse de doctorat à cette question, intitulé “Les formes du sous-développement urbain : cas des villes anjouanaises”, présenté à l’Université de Toliara (Madagascar) sous la direction de Marcel Napetoke. Cette étude s’est concentrée sur les quatre principales villes de l’île : Mutsamudu (la capitale), Domoni, Ouani et Sima.

L’auteur précise dans son avant-propos que son travail “se veut un guide de référence pour des données analytiques dans un domaine plus précis, celui des villes anjouanaises” et qu’il “apporte dans un sens des analyses basées sur des informations économiques et sociales qui pourraient intéresser les élus locaux pour une éventuelle promotion des villes”. Sans prétendre proposer un modèle de développement urbain clé en main, cette recherche visait à “éclairer la question sur l’urbanisation des villes anjouanaises” et à “susciter un grand intérêt” pour “des meilleures perspectives pour nos villes”.

Les manifestations concrètes du sous-développement urbain anjouanais

Bien que les sources ne détaillent pas l’intégralité des conclusions de l’étude de Farz, son approche méthodologique et son cadre d’analyse révèlent les dimensions du sous-développement urbain anjouanais. L’étude s’appuie sur des informations économiques et sociales collectées sur un terrain bien délimité, permettant une analyse précise des déficiences urbaines.

Les villes anjouanaises illustrent plusieurs caractéristiques du sous-développement urbain comorien : un tissu urbain fragmenté sans hiérarchie claire des voies, une absence d’équipements collectifs de base (marchés structurés, espaces publics aménagés, installations sportives), des réseaux d’assainissement inexistants ou défaillants, et une précarité généralisée de l’habitat. À Mutsamudu, capitale d’Anjouan et deuxième ville des Comores, la médina historique se dégrade faute d’entretien tandis que les extensions périphériques se développent sans plan d’ensemble.

Cette situation interpelle directement les autorités locales quant à leur capacité à promouvoir une “nouvelle donne” urbaine. L’étude de Farz reconnaît “l’incommensurable tâche à laquelle les autorités doivent faire face” tout en soulignant la nécessité de stratégies adaptées aux réalités anjouanaises.

La Politique Nationale de l’Urbanisme et de l’Habitat (PNUH)

Genèse et contexte d’élaboration

En août 2023, l’Union des Comores a adopté sa première Politique Nationale de l’Urbanisme et de l’Habitat (PNUH), élaborée par le Ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme, chargé des Affaires Foncières et des Transports Terrestres (MATUAFTT). Cette politique s’inscrit dans le cadre du “Projet de Relèvement Post-Kenneth et de Résilience”, faisant référence au cyclone Kenneth qui a frappé les Comores en avril 2019, causant d’importants dégâts notamment sur les infrastructures urbaines.

L’élaboration de la PNUH a bénéficié de l’appui technique de la Section Politique, Législation et Gouvernance (PLGS) d’ONU-Habitat, l’agence des Nations Unies pour les établissements humains. Cette collaboration internationale reflète la reconnaissance par le gouvernement comorien de l’expertise technique nécessaire pour concevoir une politique urbaine moderne, adaptée aux réalités locales mais alignée sur les standards internationaux.

Le contexte de l’élaboration est explicite : face à l’amplification des changements climatiques et des catastrophes naturelles, l’Union des Comores reconnaît que l’urbanisation doit désormais intégrer la résilience climatique comme dimension centrale. La PNUH fait des “changements climatiques et catastrophes naturelles” son “point d’ancrage”, marquant une évolution importante par rapport aux approches antérieures centrées uniquement sur la croissance urbaine.

Objectifs et enjeux sociétaux

La PNUH définit formellement la politique d’urbanisme et d’habitat de l’Union des Comores, établissant pour la première fois un cadre de référence national cohérent. Le document identifie les enjeux majeurs de cette politique, établit des priorités d’action et fixe des objectifs mesurables. Sa structure s’articule autour de plusieurs chapitres, dont le premier expose “Objectifs et enjeux sociétaux” et le second présente le “Cadre référentiel”.

Parmi les éléments du cadre référentiel figure la “feuille de route du Gouvernement de l’Union”, indiquant que la PNUH s’inscrit dans une vision politique plus large du développement national. Cette articulation entre politique urbaine et stratégie nationale de développement représente une avancée institutionnelle significative, reconnaissant que l’urbanisation n’est pas un secteur isolé mais un facteur transversal du développement.

Les priorités de la PNUH reflètent les déficiences identifiées par les diagnostics antérieurs : renforcer la planification urbaine par l’élaboration de schémas directeurs et de plans d’urbanisme, améliorer les infrastructures urbaines de base, développer une offre d’habitat décent et accessible, et clarifier le cadre foncier. La méthodologie d’élaboration, précisée dans le premier chapitre, a visé une approche participative associant les différentes parties prenantes.

Migration, croissance démographique et pression urbaine

Les données du recensement de 2003

L’analyse démographique constitue un fondement essentiel de la compréhension des dynamiques urbaines aux Comores. En juin 2007, le statisticien Said Hachimi a publié pour la Direction Nationale du Recensement une étude intitulée “Migration et Urbanisation aux Comores : analyse des données du Recensement Général de la Population et de l’Habitat 2003”. Ce document, élaboré pour le Ministère des Finances, du Budget et du Plan, sous la devise “Unité – Solidarité – Développement”, constitue une référence pour comprendre les flux migratoires et leur impact sur l’urbanisation.

L’étude établit des définitions et concepts précis concernant les villes et la migration, adoptant une démarche méthodologique rigoureuse pour le choix des méthodes de mesure. Cette standardisation méthodologique permet des comparaisons dans le temps et entre les différentes îles de l’archipel, facilitant l’évaluation des politiques publiques.

Le recensement de 2003 révèle des dynamiques migratoires complexes où s’entremêlent migrations internationales (notamment vers Mayotte et l’étranger), migrations inter-îles et exode rural vers les centres urbains. Cette triple dimension migratoire exerce une pression particulière sur les villes, notamment Moroni et Mutsamudu, qui concentrent les opportunités économiques et les services essentiels.

Étalement urbain des capitales insulaires

Les phénomènes d’étalement urbain à Moroni (Grande Comore) et Mutsamudu (Anjouan) ont fait l’objet d’une analyse approfondie publiée par Yann Gérard dans Les Cahiers d’Outre-Mer en octobre-novembre 2009. Son article “Étalement urbain et transformation de la structure urbaine de deux capitales insulaires : Moroni et Mutsamudu, archipel des Comores (océan Indien)” s’inscrit dans un numéro consacré au Sud-Ouest de l’océan Indien.

Gérard observe que “la plupart des villes d’Afrique sont caractérisées depuis la seconde moitié du XXe siècle par une extension horizontale exponentielle” et que cet “étalement urbain, rapide et fort consommateur d’espace” se manifeste particulièrement aux Comores. Les deux capitales insulaires connaissent une transformation profonde de leur structure urbaine, passant de petites villes coloniales compactes à des agglomérations étendues sans limites claires.

Cette extension horizontale pose des défis spécifiques dans un contexte insulaire où la terre disponible est limitée et où les contraintes topographiques (relief montagneux) restreignent l’urbanisation à des plaines littorales étroites. L’étalement consomme également des terres agricoles fertiles, créant une tension entre urbanisation et sécurité alimentaire dans un archipel déjà dépendant des importations alimentaires.

Insertion dans les stratégies nationales de développement

La Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (2006-2009)

La question urbaine s’inscrit dans les stratégies globales de développement des Comores. Le 10 octobre 2005, le Ministère du Plan, de l’Aménagement du Territoire, de l’Énergie et de l’Urbanisme a publié la “Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté - Plan d’action 2006-2009” (SCRP). Ce document, élaboré par le Commissariat Général au Plan sous la devise “Unité – Développement - Solidarité”, intégrait l’urbanisme comme dimension du développement national.

Dans sa préface, le gouvernement souligne que ce plan d’action “présente les programmes prioritaires retenus pour la période 2006-2009” et que “les choix qui ont été arrêtés traduisent les aspirations de la population”. L’élaboration s’est appuyée sur un “diagnostic participatif réalisé dans le cadre de la préparation de la SCRP”, aboutissant à l’identification de “trente-cinq (35) programmes prioritaires” par des Groupes Techniques Sectoriels (GTS) associant les représentants des trois îles.

Le processus de validation a été particulièrement inclusif, avec “des discussions dans le cadre d’ateliers techniques tant au niveau des îles que de l’Union ainsi que d’ateliers et de rencontres de validation à plusieurs niveaux”. Le gouvernement s’engageait à “soutenir, dans la mesure de ses moyens, ces programmes prioritaires et mettre en œuvre les réformes institutionnelles nécessaires à une accélération de la croissance et de la lutte contre la pauvreté”.

Développement humain durable et dimension urbaine

La réflexion sur le développement aux Comores a également été marquée par l’approche du développement humain durable. En 1997, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a publié un rapport intitulé “Comores : Développement Humain Durable et Élimination de la Pauvreté - Éléments pour une Stratégie Nationale”. Ce document, édité par Frison-Roche à Paris, portait un avertissement précisant qu’il était “le fruit d’un travail collectif” ne reflétant “pas nécessairement les vues du gouvernement Comorien ou du Programme des Nations Unies pour le développement”.

Cette approche plaçait l’amélioration des conditions de vie urbaines dans une perspective plus large de développement humain, reliant qualité de l’habitat, accès aux services urbains et capacités humaines. Le document analysait le “cadre macro-économique et son lien” avec le développement humain, reconnaissant les interdépendances entre croissance économique, réduction de la pauvreté et amélioration du cadre de vie urbain.

L’approche du développement humain durable a influencé les politiques ultérieures en insistant sur la durabilité environnementale et sociale des interventions urbaines, anticipant les préoccupations actuelles de résilience climatique.

Défis sectoriels et implications pour l’urbanisation

La prédominance agricole et l’urbanisation

Les Comores demeurent un pays à dominante rurale où, selon les études de développement agricole, “le secteur agricole concentre 80% des emplois, et participe à plus de 40% du PIB”. Cette caractéristique structure profondément les dynamiques urbaines. Un document du Programme National de Développement Humain Durable, intitulé “Le développement agricole aux Comores : Quelle implication de l’Etat et des différents acteurs du développement dans la mise en œuvre, à l’échelle locale, des stratégies et politiques de développement agricole, de l’indépendance des Comores à aujourd’hui ?”, analyse cette situation.

Le document constate que “l’industrialisation est nulle, et où le secteur tertiaire se limite pour une grande part à des petits commerces de type micro entreprise, sans valeur ajoutée importante”. Cette faiblesse de la diversification économique limite les opportunités d’emploi urbain formel, créant un paradoxe : les villes attirent les populations rurales mais peinent à leur offrir des revenus décents, favorisant l’économie informelle et la précarité urbaine.

L’enjeu du développement agricole influence directement la planification urbaine. Les villes doivent maintenir des liens fonctionnels avec leur arrière-pays agricole, assurant la collecte et la commercialisation des productions tout en préservant les terres agricoles périurbaines de l’urbanisation anarchique.

Infrastructures et services urbains de base

Les déficiences en infrastructures urbaines illustrent la profondeur du sous-développement urbain comorien. Une étude de cas réalisée par Faatuma Abasse en 2016 pour l’Université d’Antananarivo, intitulée “Organisation et moyen de développement en adduction à l’eau potable à Vassy aux Comores au sein du FADC”, documente les difficultés d’accès à l’eau potable, service urbain fondamental.

Présenté pour l’obtention d’une licence professionnelle en Travail Social et Développement, ce mémoire analyse les interventions du Fonds d’Appui au Développement Communautaire (FADC) pour améliorer l’adduction d’eau à Vassy. L’étude, soutenue le 30 juin 2016 sous l’encadrement pédagogique du Professeur Titulaire Randriamasitiana Gil Dany et l’encadrement professionnel de Richard Dhoimir, illustre les approches participatives nécessaires pour développer les services urbains dans un contexte de ressources limitées.

L’accès déficient à l’eau potable, à l’assainissement, à l’électricité et aux voiries praticables caractérise la plupart des quartiers urbains comoriens, particulièrement les extensions périphériques récentes où les populations s’installent sans que les services publics ne suivent.

Transport terrestre et mobilité urbaine

La question du transport urbain illustre également les défis infrastructurels. Un mémoire de maîtrise présenté à l’Université de Toamasina par Issihaka Daouda Ali en novembre 2011 portait sur le “Projet de mise en place d’une compagnie de transport terrestre en commun aux Comores dans la région de Mbadjini : cas de l’île de la Grande Comore”. Ce travail, élaboré pour le Département de Gestion option Finances & Comptabilité (promotion 2009-2010), analysait la faisabilité d’un service structuré de transport en commun.

Sous la direction de Vololonirina Raveloson (enseignant chercheur et maître de conférences) et l’encadrement professionnel de Njakanirina Andriamandimby (ancien propriétaire du garage Speed Motors et transporteur dans l’agence coopérative Kofito), cette étude reconnaissait l’absence quasi-totale de transport public organisé aux Comores. Les déplacements urbains et inter-urbains reposent essentiellement sur des taxis collectifs privés sans réglementation cohérente.

Le développement de systèmes de transport en commun fiables, abordables et respectueux de l’environnement constitue un préalable à une urbanisation durable, réduisant la congestion, la pollution et améliorant l’accès aux opportunités économiques et sociales.

Perspectives et enjeux de la planification urbaine

Les instruments de planification nécessaires

La transformation de l’urbanisation comorienne requiert le développement d’instruments de planification adaptés. La PNUH de 2023 reconnaît cette nécessité en plaçant la planification comme première composante stratégique. Les outils à développer incluent des schémas directeurs d’aménagement urbain pour les principales agglomérations, des plans d’urbanisme détaillés pour les quartiers en développement, et des mécanismes de contrôle de l’utilisation du sol.

Ces instruments doivent concilier plusieurs impératifs : préserver les centres historiques (notamment les médinas de Moroni et Mutsamudu), organiser l’extension urbaine de manière cohérente, réserver des espaces pour les équipements collectifs et les espaces verts, protéger les terres agricoles fertiles, et anticiper les risques naturels (inondations, érosion, risques volcaniques).

La planification doit également intégrer les réalités socio-économiques comoriennes, notamment la faiblesse des capacités financières publiques, la prévalence de l’auto-construction et de l’économie informelle, et la complexité foncière mêlant propriété coutumière et moderne.

Gouvernance urbaine et capacités institutionnelles

Le succès de toute politique urbaine dépend fondamentalement des capacités institutionnelles à la mettre en œuvre. Les Comores font face à d’importants défis de gouvernance urbaine : faiblesse des ressources humaines qualifiées en urbanisme, insuffisance des moyens financiers des collectivités locales, chevauchement des compétences entre Union et îles autonomes, et absence de culture de planification.

Le renforcement institutionnel nécessite la formation de cadres techniques en urbanisme et aménagement, l’amélioration des systèmes de collecte de données urbaines (cadastre, statistiques urbaines), le développement de mécanismes de financement du développement urbain (taxes foncières, redevances d’urbanisme), et l’établissement de processus participatifs associant les populations aux décisions d’aménagement.

La Conférence des Partenaires au Développement de décembre 2019 à Paris a permis de mobiliser l’attention et potentiellement les ressources internationales pour accompagner ces transformations institutionnelles, mais la durabilité des réformes dépendra de l’appropriation nationale et locale.

Voir aussi