Revue Kashkazi : actualités et analyses politiques (2007-2008)
Table des matières
- Introduction
- La crise anjouanaise au cœur de la couverture éditoriale
- La politique nationale et les enjeux de l’Union
- La question mahoraise et les tensions inter-îles
- Enquêtes sociales et économiques
- Les grandes enquêtes thématiques
- Enquêtes spécifiques et affaires
- Thématiques régionales et internationales
- Cahiers spéciaux et rubriques
- Organisation éditoriale et diffusion
- Contexte politique de la période 2007-2008
Introduction
La revue Kashkazi (“les vents” en shikomori) constitue un témoin privilégié d’une période cruciale de l’histoire politique comorienne. Entre 2007 et 2008, cette publication mensuelle indépendante a documenté avec rigueur les tensions politiques qui ont secoué l’archipel, notamment la crise séparatiste de Ndzuani sous Mohamed Bacar et les élections présidentielles de l’Union des Comores. Son slogan, “les vents n’ont pas de frontière, l’information non plus”, reflétait son ambition de couvrir l’ensemble de l’archipel, y compris Maore (Mayotte), dans une période de fragmentation politique intense.
Vendue à 700 francs comoriens dans les trois îles de l’Union (Ndzuani, Ngazidja, Mwali) et 4 euros à Maore, Kashkazi se distinguait par son journalisme d’investigation et son indépendance éditoriale revendiquée. La collection de numéros publiés entre février 2007 et juillet 2008 offre une chronique détaillée des événements qui ont mené à l’intervention militaire de l’Union africaine à Ndzuani en mars 2008, ainsi qu’une analyse des enjeux politiques, économiques et sociaux traversant l’archipel.
Cette période coïncide avec des transformations majeures : la consolidation autoritaire du régime de Mohamed Bacar à Ndzuani, les élections présidentielles controversées dans cette île, la montée des tensions avec le gouvernement fédéral du président Ahmed Abdallah Sambi, et finalement l’opération militaire “Démocratie aux Comores” qui mit fin au pouvoir de Bacar en mars 2008.
La crise anjouanaise au cœur de la couverture éditoriale
Le système Bacar : enquêtes sur une “dictature molle”
Le numéro 64 de juin 2007 consacre sa couverture à “Ndzuani, la loi de la kalach’”, offrant une enquête au cœur de ce que la revue qualifie de “dictature molle” du système Bacar. Selon Kashkazi, Mohamed Bacar n’était alors officiellement plus le président de l’île autonome de Ndzuani, mais restait “le maître” d’une île où “la parole n’est pas libre, et la loi celle du mieux armé”. La référence à la Kalachnikov AK-47, arme de conception russe massivement présente à Ndzuani depuis la crise séparatiste de 1997, illustrait la militarisation du pouvoir politique.
Ce dossier s’inscrivait dans une rétrospective des dix années écoulées depuis 1997, lorsque Ndzuani avait revendiqué la “coupure” avec les autres îles et son rattachement à la France. Kashkazi questionnait la persistance du séparatisme et l’existence éventuelle d’un “projet de démantèlement des Comores”, revenant sur les événements de 1997 et enquêtant sur la crise du 2 mai (sans que les sources ne précisent l’année concernée). Le magazine cherchait à identifier les “forces occultes” mentionnées dans les débats politiques.
Les élections controversées de juin 2007
Le numéro 65 de juillet-août 2007 documente le “coup de force à Ndzuani” avec une “chronique d’une mascarade électorale”. Cette couverture inclut un “portrait d’un caïd devenu président” consacré à Bacar, ainsi qu’une “enquête sur ses réseaux mafieux”. Les élections présidentielles de l’île autonome, organisées par Bacar malgré l’opposition du gouvernement fédéral, sont présentées comme frauduleuses et destinées à légitimer son maintien au pouvoir.
Kashkazi analysait les “rouages de la machine à frauder” dans un contexte plus large de défaillances démocratiques. Cette période correspondait également aux élections législatives à Maore et aux préparatifs des élections présidentielles de l’Union, permettant à la revue d’établir des comparaisons entre les pratiques électorales dans les différentes îles.
L’étau se resserre : octobre 2007 à mars 2008
Le numéro 67 d’octobre 2007 titre sur “L’étau se resserre sur Sambi”, révélant comment la crise anjouanaise mettait en difficulté le président de l’Union. Le numéro 68 de décembre 2007 poursuit avec “Ndzuani dans l’attente d’une libération”, analysant comment “Bacar joue les victimes” dans “le plan com’ à destination de Maore”. Cette stratégie de communication visait manifestement à obtenir le soutien de Maore, territoire français depuis 1976.
Le numéro 71 d’avril 2008 propose un portrait intitulé “Bacar, l’homme qui n’aimait pas la politique”, accompagné d’une enquête sur “les raisons de la débandade des FGA” (Forces de gendarmerie anjouanaises). Le magazine documente également “l’hystérie collective du 27 mars”, référence probable aux événements liés à l’intervention militaire, et analyse “quand les réseaux pro-Bacar sortent la grosse artillerie”.
Après Bacar : mai-juin 2008
Le numéro 72 de mai 2008, publié après la chute de Bacar, propose une “enquête dans les secrets du régime mafieux de Mohamed Bacar” et un “reportage au coeur de la tourmente anjouanaise” documentant “les dernières heures des dockers”. L’analyse du “séparatisme : le ‘monstre’ endormi” suggère que la fin du régime Bacar ne signifiait pas nécessairement la fin des tensions séparatistes.
Le numéro 73 de juin-juillet 2008 poursuit avec une enquête sur “polices des îles : le spectre des ‘soldats’ négligés”, évoquant les conséquences de la réintégration des forces de sécurité anjouanaises dans le cadre fédéral.
La politique nationale et les enjeux de l’Union
Le gouvernement Sambi sous observation critique
Kashkazi ne limitait pas sa couverture critique au régime de Bacar. Le numéro d’octobre 2007 analysait comment la crise anjouanaise fragilisait le président Ahmed Abdallah Sambi, élu en 2006. Le numéro 73 de juin-juillet 2008 titre sur “Sambi, la tentation solitaire”, suggérant des tendances autoritaires également au niveau fédéral.
Le numéro 60 de février 2007 critique vertement l’action gouvernementale : “Les bons sentiments ne font pas un bon gouvernement”. Cette ligne éditoriale d’indépendance critique vis-à-vis de tous les pouvoirs constituait un élément distinctif de Kashkazi dans un paysage médiatique souvent polarisé.
Les bourses scolaires et l’analyse sociale
Le numéro 72 de mai 2008 publie une enquête révélatrice sur “bourses scolaires : les ‘fils à papa’ d’abord”, dénonçant le clientélisme dans l’attribution des bourses d’études. Cette investigation illustrait la volonté de la revue de dépasser la seule couverture politique pour analyser les pratiques de gouvernance et leurs conséquences sociales.
Les relations internationales et la géopolitique
Le numéro 69 de février 2008 propose un dossier intitulé “Le plan drague : quand les puissances mondiales s’intéressent aux Comores”, listant les Émirats arabes unis, les États-Unis, l’Iran, la Chine, la France et la Libye. Cette enquête s’inscrivait dans le contexte des tensions à Ndzuani, où diverses puissances régionales et internationales cherchaient à exercer leur influence.
Une enquête sur les “investisseurs arabes” (numéro 60, février 2007) témoignait de l’intérêt de Kashkazi pour les nouvelles dynamiques économiques de l’archipel.
La question mahoraise et les tensions inter-îles
Maore dans le giron français
Kashkazi accordait une attention particulière à Maore (Mayotte), seule île de l’archipel restée française après l’indépendance de 1975. Le numéro 65 de juillet-août 2007 proposait un dossier sur Younoussa Bamana, figure majeure du mouvement “Mayotte française”, décédé en 2007. Ce dossier, intitulé “Bamana qui était-il”, retraçait également le parcours de son opposant Saïd Toumbou, représentant “une autre facette du destin de Maore”.
Le numéro 68 de décembre 2007 analysait “quand la loi (et ses interprétations) étouffe les ‘étrangers’” à Maore, documentant les difficultés croissantes des Comoriens des autres îles face au durcissement des politiques migratoires françaises.
Les législatives à Maore
Le numéro 64 de juin 2007 titrait sur les élections législatives françaises à Maore : “En politique, les anciens ne décident plus”. Le numéro 65 expliquait “Pourquoi Kamardine a perdu”, référence à Mansour Kamardine, figure politique mahoraise.
Le numéro 73 de juin-juillet 2008 analysait “comment les familles mahoraises vampirisent la démocratie” et étudiait “la coopération : la nouvelle arme des départementalistes”, dans le contexte du débat sur la transformation de Maore en département français.
Les migrations et leurs drames
Le numéro 66 de septembre 2007 proposait un reportage “au-delà des idées reçues” sur “kwassas : l’hiver meurtrier”, documentant les naufrages meurtriers des embarcations de fortune utilisées pour rejoindre Maore. Le numéro 71 d’avril 2008 enquêtait sur les “fabriques de kwassa : un business florissant”, révélant l’économie parallèle générée par les migrations clandestines.
Le numéro 61 de mars 2007 dénonçait “Les innombrables abus de la Paf” (Police aux frontières), tandis que le numéro 68 de décembre 2007 signalait que “Mwali, le nouveau déversoir des sans-papiers”, l’île de Mohéli devenant une zone de transit pour les migrants.
Enquêtes sociales et économiques
Les enjeux fonciers et la pauvreté
Le numéro 60 de février 2007 consacrait un dossier majeur à “Nyumakele, la poudrière de l’archipel”. Ce plateau anjouanais, “symbole de la pauvreté aux Comores”, était présenté comme “au cœur de la problématique foncière” et comme fournissant “l’essentiel des migrants de l’archipel”. Kashkazi interrogeait : “L’explosion est-elle inévitable ?”, anticipant les tensions sociales dans cette région densément peuplée.
Le numéro 66 de septembre 2007 analysait “le foncier à Maore : la colonisation qui ne dit pas son nom” et documentait “ce qu’il faut savoir sur les destructions de Mtsagnuni” (quartier ou village de Maore).
Questions économiques
Le numéro 67 d’octobre 2007 proposait une enquête sur “riz : les enjeux d’un produit stratégique”, analysant la dépendance alimentaire de l’archipel. Le numéro 66 de septembre 2007 s’intéressait aux “ordures de Moroni, un marché juteux” avec un titre évocateur : “Tout le monde se les arrache !”.
Le numéro 68 de décembre 2007 questionnait “l’indexation des salaires : le piège de la consommation ?”, tandis qu’une enquête analysait “à Maore les faux semblants de l’économie coloniale” (numéro 69, février 2008).
Éducation et société
Le numéro 64 de juin 2007 signalait que “le niveau des élèves baisse, en toute discrétion” à Maore. Le numéro 72 de mai 2008 documentait “le boom des écoles privées à Maore”, témoignant des transformations du système éducatif.
Le numéro 67 d’octobre 2007 proposait une “enquête sur la révolution texto”, analysant l’évolution du “langage des jeunes” dans l’archipel, tandis qu’un reportage était consacré au “hip-hop à Maore, la voie des sans-voix” (numéro 73, juin-juillet 2008).
Les grandes enquêtes thématiques
Justice et droits humains
Le numéro 73 de juin-juillet 2008 proposait un reportage intitulé “Vie(s) de taulard : dans les prisons de l’archipel”, documentant les conditions de détention. Le même numéro analysait “la fabrique des boucs émissaires” concernant les étrangers, à travers le prisme de la “politique, médias, justice”.
Le numéro d’origine inconnue (probablement 70, mars 2008) titrait “Ndzuani : silence ! on torture…”, révélant les pratiques répressives du régime Bacar.
Santé et conditions sociales
Le numéro 69 de février 2008 documentait les conditions sanitaires dramatiques : “santé à Ngazidja, sans famille à El-Maarouf ‘tu crèves’”. El-Maarouf désigne l’hôpital national de Moroni, dont les carences étaient dénoncées. Le numéro 67 d’octobre 2007 signalait que Maore était “un orphelinat à ciel ouvert”, évoquant probablement la situation des enfants de migrants.
Le numéro 68 de décembre 2007 proposait une enquête sur “les ravages de l’alcool à tout prix” concernant Ngazidja et Ndzuani.
Mémoire et histoire
Le numéro 72 de mai 2008 proposait un dossier majeur marquant les “30 ans après sa mort” d’Ali Soilihi, président révolutionnaire assassiné en 1978 : “Ali Soilihi, la révolution inachevée”, accompagné d’un portrait réalisé par Mokeït Van Linden. Ce dossier s’inscrivait dans une volonté de revisiter l’histoire nationale.
Le numéro 61 de mars 2007 revenait sur “mars 68, le réveil d’une conscience nationale”, référence aux événements de 1968 qui avaient marqué le mouvement indépendantiste. Le même numéro proposait un dossier original : “Pirates, un siècle d’utopie sans foi ni loi”, explorant le rôle des pirates aux XVIIe et XVIIIe siècles dans l’océan Indien occidental.
Le numéro 68 de décembre 2007 consacrait un dossier à “Bob Denard, quel héritage ? Enquête sur les années ‘mercenaires’”, analysant l’impact du mercenaire français qui avait dominé la vie politique comorienne pendant plusieurs décennies.
Enquêtes spécifiques et affaires
Corruption et scandales politiques
Le numéro 61 de mars 2007 enquêtait sur “l’affaire Mohamed Aly : à qui profite le crime ?”. Accusé de trafic d’influence passif, le directeur financier du Conseil général de Maore semblait, selon Kashkazi, “avoir été piégé”, la revue s’interrogeant : “Par qui ? Dans quel contexte ? Dans quel but ?”.
Le numéro 66 de septembre 2007 analysait “BIC/NICOM : une affaire d’État orchestrée ?”, référence à un scandale politico-économique dont les détails ne sont pas précisés dans les sources.
Le numéro 70 de mars 2008 documentait “la corruption vue par les électeurs”, tandis que le numéro 71 d’avril 2008 proposait une enquête intitulée “une fuite en eaux troubles”, suggérant des révélations sensibles.
Violence politique et milices
Le numéro 61 de mars 2007 enquêtait sur “Milices : les marionnettes armées de la politique”, analysant l’instrumentalisation des groupes armés par les acteurs politiques. Le numéro 60 de février 2007 documentait “les tensions policières : les raisons de l’escalade à Maore”.
Le numéro 67 d’octobre 2007 analysait les “hommes tous des salauds ?”, probablement une enquête sur les violences de genre, tandis que le numéro 69 de février 2008 évoquait “violences en Petite Terre : à la source du mal”, Petite Terre désignant Pamandzi à Maore.
Thématiques régionales et internationales
L’Afrique du Sud post-apartheid
Le numéro 66 de septembre 2007 consacrait un dossier majeur à “l’Afrique du Sud sur les braises de l’apartheid”. Quinze ans après la fin du régime raciste, Kashkazi analysait comment “la réconciliation miraculeuse de Nelson Mandela n’est pas loin de voler en éclats, tant les épreuves sont dures et la tâche ardue”. Le dossier évoquait “criminalité, mercenariat, racisme, paysans sans-terre : portrait d’un pays en plein doute”.
Le Kenya post-électoral
Le numéro 70 de mars 2008 analysait “Kenya : un conflit plus politique qu’ethnique”, dans le contexte de la grave crise post-électorale qui avait secoué le pays voisin fin 2007-début 2008.
La Palestine
Le numéro 65 de juillet-août 2007 proposait un reportage sur “Palestine : un État divisé en mille morceaux par la colonisation israélienne”, témoignant de l’ouverture internationale de Kashkazi.
Nicolas Sarkozy et l’Afrique
Le numéro 64 de juin 2007 analysait “Sarkozy, l’Afrique, le monde”, suite à l’élection du nouveau président français en mai 2007, questionnant les implications de ce changement pour les relations franco-africaines.
Cahiers spéciaux et rubriques
Mohamed Ali Saïd
Le numéro 69 de février 2008 proposait un dossier intitulé “Mohamed Ali Saïd : autocrate ou révolutionnaire ?”, consacré à cette figure politique dont le rôle exact n’est pas précisé dans les sources.
Aimé Césaire et la question du département
Le numéro 72 de mai 2008 proposait une analyse “Césaire, Maore et le département”, probablement à l’occasion du décès du poète martiniquais Aimé Césaire en avril 2008, établissant un parallèle entre la situation de Maore et celle des départements d’outre-mer français.
Vie quotidienne et culture
Le numéro 65 de juillet-août 2007 s’interrogeait sur “Comment fait-on la fête dans l’archipel ?”, tandis que le numéro inconnu (probablement 70) proposait une enquête sur “BLU : le réseau de la débrouille”, référence aux réseaux informels d’entraide.
Le numéro 67 d’octobre 2007 analysait “Maore, un orphelinat à ciel ouvert” et le numéro suivant s’intéressait à “Maore : Hamaha, le post-mzunguland”, Hamaha étant un lieu à Maore et “mzunguland” une référence ironique à l’influence européenne.
Organisation éditoriale et diffusion
Structure de la revue
Kashkazi s’articulait autour de plusieurs rubriques identifiables : “Enquête”, “Reportage”, “Analyse”, “Notre dossier”, “Gros plan”, et “Portrait”. Cette organisation reflétait une ambition journalistique structurée, dépassant le simple compte-rendu d’actualité pour proposer des investigations approfondies.
Réseau de distribution
La revue se vendait à des prix différenciés selon les territoires : 700 francs comoriens (environ 1,40 euro) pour Mwali, Ndzuani et Ngazidja, 4 euros à Maore, 5 euros à La Réunion et en France métropolitaine, et 2 500 ariary à Madagascar. Cette stratégie tarifaire adaptée aux économies locales facilitait une diffusion panarchipélagique.
Le magazine était disponible au numéro et proposait des abonnements annuels (12 numéros). Pour l’Union des Comores, l’abonnement coûtait 8 000 francs comoriens pour les particuliers et 12 000 pour les administrations et entreprises, témoignant d’une volonté de toucher aussi les institutions.
Indépendance revendiquée
Kashkazi affirmait être “un journal totalement indépendant” dont “le financement dépend essentiellement de ses ventes”. La revue encourageait activement les abonnements comme “soutien indispensable à la presse indépendante” et comme “participation à l’indépendance de sa rédaction”. Cette insistance sur l’indépendance financière soulignait les défis d’un journalisme critique dans un contexte politique tendu.
Présence numérique
Le magazine disposait d’un site web (www.kashkazi.com), inhabituel pour la presse comorienne de l’époque, témoignant d’une volonté de modernisation et d’élargissement de son audience.
Contexte politique de la période 2007-2008
La Constitution de 2001 et ses tensions
La période couverte par ces numéros de Kashkazi s’inscrit dans le cadre institutionnel créé par la Constitution de 2001, qui établissait une “Union des Comores” composée de trois îles autonomes (Ngazidja, Ndzuani, Mwali) avec un système de présidence tournante entre les îles. Cette architecture complexe visait à résoudre les crises sécessionnistes récurrentes, mais générait de nouvelles tensions sur la répartition des pouvoirs entre l’Union et les îles autonomes.
L’élection de Sambi et ses défis
Ahmed Abdallah Sambi avait été élu président de l’Union en mai 2006 selon le principe de rotation (c’était le tour de Ngazidja). Homme d’affaires et religieux, surnommé “l’Ayatollah des Comores”, Sambi était rapidement confronté au défi majeur de sa présidence : la rébellion de Mohamed Bacar à Ndz